*Les mots marqués d’une astérisque seront définis dans un lexique en cours d’élaboration. Merci pour votre compréhension. La bibliographie est également en cours de rédaction.
Le Parc des Chaumes, en quelques mots
Le Parc des Chaumes est en fait... une forêt de plus de dix hectares
Pour définir cet ensemble arboré couronnant encore — du moins pour le moment — la bordure Est du plateau des Chaumes à environ 260 mètre d’altitude, avant de redescendre dans la vallée du ru des Minimes, on peut hésiter entre plusieurs mots aux implications bien différentes...
S’il on s’en tient à l’appellation de Parc des Chaumes, elle évoque un espace arboré clairement délimité, planté d’espèces ornementales, destiné à des fins hygiénistes et esthétiques, tel que l’on concevait les espaces verts* au XIXe siècle. [1] Ce qui impliquerait un espace très entretenu, dédié à la promenade, où l’on pourrait faire son pique-nique dominical en famille.
Cette appellation provient-elle déjà, à l’origine, d’une velléité de réaliser un véritable Parc urbain, comme le suggère cette illustration du guide Thiolier de 1932 ?
L’étang des Minimes n’était pas asséché.
Toujours est-il que, s’il on s’en réfère aux services de l’Inventaire forestier de l’IGN, cet espace boisé correspond plus à la définition d’une forêt que d’un parc.
La forêt est un territoire occupant une superficie d’au moins 50 ares avec des arbres capables d’atteindre une hauteur supérieure à cinq mètres à maturité in situ un couvert arboré de plus de 10 % et une largeur moyenne d’au moins 20 mètres.
Source : Définitions de l’Inventaire forestier de l’IGN
Pour le service des espaces verts, le Parc s’arrête évidemment aux limites des parcelles publiques appartenant à la ville d’Avallon. Mais du point de vue paysager, écologique, autant que forestier, le boisement intègre l’ensemble des espaces arborés contigus de ce versant, évalué à au moins 10 hectares, voire 15 hectares selon les zones intégrées au calcul.
On peut donc affirmer que le Parc des Chaumes est en fait une petite forêt ou tout du moins un boisement et pourrait correspondre à la nouvelle expression de forêt urbaine*.
Le peuplement actuel, tant au niveau de sa densité que pour les espèces qui la constituent, se rapproche également plus d’une forêt que d’un parc ornemental : un mélange de futaie* de conifères (sapins pectinés, pins, épicéas) et d’un taillis* de feuillus, ponctué ça et là de quelques arbres remarquables (dont un tilleul), colonisé à divers endroits d’espèces pionnières* (érables) ou invasives (robiniers faux acacias). Côté conifères, les épicéas ont quasiment disparus et les pins sont en piteux état. Quelques ifs égarés ont pu être recensés lors de nos promenades, témoins d’une velléité paysagère ?
Dans cet article, le mot « parc » restera donc en italique, afin de le réduire strictement à sa dimension toponymique.
Sur la partie Est de la trame verte et bleue* d’Avallon
Ancré sur le versant d’un plateau granitique
Les nombreuses résurgences présentes sur le versant, surtout dans sa partie sud (vers le Cousin), montre que la roche mère n’est pas loin... et le sol peu profond. Constitué d’arène granitique, ce sol est d’autant plus drainant avec la pente, présentant ainsi une sensibilité particulière aux épisodes de sécheresse.
Un peuplement inégal : ouvert et sec au Sud, plus fermé au Nord
Le peuplement du Parc des Chaumes est très inégal selon l’endroit où l’on se trouve. Au Sud, le lacet grimpe le long d’une pente aux nombreux affleurements granitiques parsemée de genêts, sur laquelle quelques chênes sessiles atteignent péniblement les 7 à 10 mètres pour les plus grands, avec beaucoup de bois mort. Même les robiniers faux acacias, espèce invasive et colonisatrice qui semble vouloir s’y installer, survit avec difficulté. Le sol est peu profond. Il y règne une atmosphère de western et l’on s’attend à voir Zoro surgir des chênelets sur son fameux Tornado.
Au sommet du lacet Sud, on est accueilli sur le plateau par les premiers grands arbres, avant de rentrer dans une forêt plus fermée, parcourue par des allées réservées au piétons au moyen de rochers en granite à leurs extrémités, à l’exception d’une route périphérique desservant les habitations. En sous-bois, la régénération spontanée se fait soit en chênes sessiles, soit en sapins pectinés, accompagnés bien-sûrs d’érables.
Plus au nord, les résineux dominent le peuplement, avec de nombreux sapins pectinés et quelques vieux pins malades. Les épicéas sont rares en raison de coupes sanitaires. Quelques frênes sont atteints de chalarose. De grands chênes bordent la rupture de pente qui fait face aux remparts et aux jardins terrasse du centre-ville d’Avallon. La forêt commence à nouveau à s’ouvrir le long des lacets des grandes Chaumes, beaucoup d’arbres ayant étant été abattus.
Intérêt paysager : une vue arborée face aux remparts
L’éperon de verdure qu’offre le Parc des Chaumes à la vue des Remparts, dans le vieil Avallon, ajoute à la plongée des jardins en terrasse* une dimension féérique, source d’inspiration pour plusieurs habitant•es, comme l’artiste-murailler* Clément Fournier.
Ce face à face insolite entre le patrimoine historique des remparts et le patrimoine végétal des Chaumes fait l’objet d’une réglementation stricte au niveau de l’urbanisme. Mais, comme le vivant est fragile, tout patrimoine végétal peut disparaître du jour au lendemain...
En guise de transition vers les atouts écologiques, voici un film réalisé le 7 décembre 2025 par le poète de Morvandie, sensible au vol rituel des étourneaux le soir, avant de se coucher dans les arbres de la rive droite du ru des Minimes, au pied du Parc des Chaumes.
Atouts écologiques : Zone Natura 2000 et Refuge LPO*
L’intérêt écologique du boisement n’a rien de théorique pour celles et ceux qui vivent dans cette partie de la ville : la myriade de chants d’oiseaux, amplifiée par la profondeur du relief et la hauteur des remparts émerveillent les journées à la belle saison.
Le boisement du Parc des Chaumes est presque entièrement en Zone Natura 2000 « Milieux humides, forêts, pelouses et habitats à chauves-souris du Morvan » (FR2600987) [2], ce qui induit pour certains travaux de remplir une évaluation d’incidence et de se rapprocher de l’animateur du site pour être accompagné dans le remplissage du document (enjeux, préconisations) avant d’envoyer la demande aux services instructeurs.
Lien vers le Document d’objectifs de cette zone Natura 2000 « VALLEE DE LA CURE ET DU COUSIN
DANS LE NORD MORVAN »
Par ailleurs, la première signature d’un Refuge LPO* au Parc des Chaumes a été réalisée en 2015 à l’initiative de la ville d’Avallon, sur une surface de 5,3 hectares, ce qui a permis de réaliser un inventaire d’espèces ainsi que de nombreuses préconisations, comme la conservation des habitats (arbres morts, ronciers).
Depuis 2015, 62 espèces d’oiseaux ont été inventoriées sur le Parc des Chaumes, dont 49 espèces sur la période 2020-2024. Parmi celles-ci, 6 présentent un enjeu en raison de leur statut de conservation national ou régional défavorable, classées sur listes rouges :
| Espèce | Dernière observation | Protection nationale |
| chardonneret élégant | 2023 | Protégée |
| hirondelle rustique | 2023 | Protégée |
| pic épeichette | 2024 | Protégée |
| serein cini | 2024 | Protégée |
| tourterelle des bois | 2023 | Moratoire |
| verdier d’Europe | 2023 | Protégée |
Parmi les autres oiseaux recensés, on peut citer :
- Le pic noir, une espèce assez commune et intéressante qui aime les arbres morts et le pic épeiche ;
- La fauvette à tête noire, qui, tout comme le rouge-gorge, affectionne les ronciers en sous-bois ;
- La mésange noire, qui aime les conifères... et l’épicéa en particulier ;
- La grive musicienne, le gros-bec, le troglodyte mignon
Les chauves-souris profitent également des arbres morts et/ou à cavités : cinq espèces de chauves-souris ont été recensées sur la fiche Natura 2000, comme la Barbastelle ( Barbastella barbastellus), dont les gîtes de maternité en milieu forestier, dans les arbres creux, comprennent de 10 à 20 femelles. Une colonie peut occuper en forêt plus de 30 gîtes dans les arbres. Notons qu’elles mangent une quantité d’insectes... dont les moustiques.
Le site héberge bien d’autres espèces précieuses, pour la plupart invisibles, à protéger d’une pression anthropique* trop forte : cette « magie verte » pourrait être rompue si de mauvais choix politiques venaient à être faits.
Menaces sur les Chaumes : naturelles ou anthropiques* ?
Un dépérissement naturel partiel et réversible
Le dépérissement forestier* est l’affaiblissement progressif ou momentané d’un massif forestier. Il sert parfois de prétexte à des coupes rases* au nom de la prophylaxie* au profit de projets d’aménagements pas toujours vertueux ou de replantations monospécifiques... qui menacent encore plus l’écosystème forestier* résiduel.
Les principaux problèmes de dépérissement observés sur le boisement du Parc des Chaumes n’ont rien d’extraordinaire...
- l’ancien peuplement d’épicéas, essence sensible à la sécheresse, atteint par Ips typographus, un scolyte* spécifique bien connu, de l’ordre des coléoptères a fait l’objet de coupes sanitaires*. Notons au passage que l’optimum d’altitude des épicéas est entre 700 et 2000 mètres donc pas étonnant que des peuplements, en plus monospécifiques, souffrent dès qu’il y a un changement climatique (Le Parc des Chaumes culmine à environ 260 mètres d’altitude). ;
- plusieurs frênes ont également une maladie appelée chalarose*, liée à un champignon, comme un peu partout en Europe ;
- enfin, quelques arbres ont visiblement souffert de périodes de sécheresse prolongées, à cause du changement climatique, provoquant une sénescence précoce, surtout au sud du Parc.
Rien d’alarmant toutefois, car grâce aux recommandations de la LPO BFC d’éviter de débroussailler le sous-bois, de nombreuses repousses montrent que la régénération naturelle* ne demande qu’à être accompagnée et que ce dépérissement est réversible à condition de le réguler en éliminant les jeunes pousses de sapin au profit des feuillus.
Une forêt menacée par la pression anthropique
La construction du quartier des Chaumes a artificialisé* progressivement le domaine de la forêt et des prairies, surtout dans les années 1970. Encore récemment, des extensions d’aménagements dédiés au sport ont rogné davantage le boisement du Parc des Chaumes, profitant de coupes sanitaires* d’épicéas scolytés.
En revanche, la partie Sud s’est reboisée.
Voici une transition en fondu entre les deux précédentes photos montrant l’urbanisation entre 1965 et 2023.
Sport vs Biodiversité : tennis, basket, bike parc, padel et artificialisation des sols
Les dernières parcelles déboisées jusqu’en 2023 pour raison sanitaire (plantation monospécifique d’épicéas scolytés) auraient pu être reboisées avec un mélange d’espèces indigènes au lieu d’être requalifiées* en bike parc ou être artificialisées en terrain de basket. Il est en effet totalement contradictoire, sous couvert de prophylaxie* d’affaiblir davantage l’écosystème forestier en réduisant son espace vital, surtout quand ce dernier fait partie intégrante d’une charte avec la LPO BFC. Après les terrains de tennis, un nouveau jeu de balle à la mode (le padel) va occasionner une artificialisation de la dernière zone verte résiduelle après les abattages de 2023.
Cybèle Chaumes face à la réduction du Parc
En 2020 une association représentant les habitant•es du quartier pour participer aux réflexions sur l’avenir du Parc est créée : l’association Cybèle Chaumes.
Face à la réduction de l’espace boisé, elle s’investit notamment dans des projets de plantation, dans une approche plus ornementale que naturaliste.
Cette différence d’approche a toutefois permis la présence d’un châtaignier, de sorbiers des oiseleurs et d’érables dans l’arboretum installé à son initiative.
Elle est aujourd’hui une interlocutrice priviligiée auprès de la ville d’Avallon pour tout ce qui touche au Parc des Chaumes, comme une garante de sa préservation dans les limites actuelles.
Les membres de cette association qui se présentent comme des débutants en matière d’écosystème forestier, ne demandent qu’à apprendre, à s’améliorer et transmettre, pour avoir devant chez eux une belle forêt en bonne santé, pleine d’oiseaux.
Le Refuge LPO* des Chaumes : engagements, préconisations et bilan, depuis 2015
La charte Refuge LPO* : 15 engagements moraux
Un Refuge LPO est un terrain privé ou public sur lequel le propriétaire ou gestionnaire (en l’occurrence la mairie d’Avallon) s’engage moralement à accueillir, protéger et favoriser la nature selon les principes de la Charte Refuges et des 15 gestes favorables à la biodiversité qui découlent de cette Charte.
- Je fais de mon terrain un espace sans chasse et sans pêche pour la biodiversité
- Je n’utilise pas de produits chimiques nocifs pour la faune et la flore
- Je favorise les gîtes naturels et aménage mon jardin pour accueillir la faune sauvage
- Je laisse des zones naturelles d’herbes hautes et de fleurs sauvages
- Je plante et préserve des variétés locales d’arbres et d’arbustes
- Je favorise l’accès aux ressources alimentaires naturelles pour la faune sauvage
- Je favorise la circulation de la faune sauvage
- Je limite mon emprise sur le sol vivant
- Je limite les pollutions lumineuses et sonores pour respecter la faune et la flore sauvages
- Je cohabite avec la faune et la flore sauvages du bâti
- Je récupère l’eau et dispose des points d’eau pour la faune
- Je transforme mes déchets organiques en compost
- Je neutralise les pièges potentiels pour la faune au jardin
- Je contribue aux programmes de sciences participatives
- Je deviens ambassadeur de la nature
Le Refuge LPO* renouvelable tous les 5 ans : ni un acquis, ni une caution aux choix de gestion
La page Refuge LPO dédiée aux collectivités décrit ainsi les atouts de ce programme pour une collectivité :
- Mettre en place des mesures qui s’intègrent à l’agenda 21 et au PADD (Projet d’Aménagement et de Développement Durable) ;
- Devenir acteur de la trame verte et bleue pour préserver la biodiversité ;
- Entrer dans un réseau national de refuges permettant de reconstituer des « continuités écologiques » ;
- Valoriser les espaces urbains, péri-urbains et le patrimoine local ;
- Sensibiliser et éduquer vos concitoyens à la biodiversité, faire comprendre l’importance de son respect ;
- Impliquer et réunir vos concitoyens autour d’actions locales ;
- Valoriser votre collectivité par une démarche moderne engagée.
En tant que collectivité, l’inscription Refuge LPO* implique :
- Une évaluation de la biodiversité de vos terrains et de leurs spécificités écologiques par les chargés d’étude de votre LPO locale ;
- Une réflexion sur les aménagements naturels intéressants pour la faune et la flore sauvages ;
- Un plan de gestion de vos espaces verts ou de votre terrain ;
- Un accompagnement dans la mise en place de votre projet mené par le référent Refuges de votre LPO locale, au plus près de votre territoire.
La mise en place d’un Refuge LPO* n’est donc en rien une caution aux pratiques ou aux choix d’aménagements : le non respect de la Charte refuge ou des préconisations du plan d’action est un motif de désengagement de la LPO.
Le Refuge LPO* des Chaumes est signé pour une durée de 5 ans : 2015-2019 / 2020-2024 / 2025-2029. Si le Refuge LPO* a été reconduit pour la période 2025-2029, c’est parce que le bilan LPO BFC 2024 a relevé des progrès de la part de la Mairie d’Avallon.
Une baisse du nombre et de la diversité des oiseaux présents sur le site entre 2020 et 2024
Le dernier rapport du Refuge LPO « Parc des Chaumes » (01/12/24), présente un bilan avifaunistique un peu inquiétant :
- baisse du nombre d’oiseaux présents entre 2020 et 2024, tout comme sur la période 2015-2019.
- diminution de la richesse, c’est à dire le nombre d’espèces contactées sur une période de 5 ans, passant de 53 espèces observées sur la période 2015-2019 à 49 espèces sur 2020-2024.
La LPO BFC avance une explication sur cette corrélation :
Cela est très certainement lié à la poursuite des coupes d’arbres réalisées qui ont modifié les capacités d’accueil du site, non seulement en termes de site de reproduction mais également de réservoir à nourriture.
Un bilan 2024 globlalement positif avec deux nouveaux objectifs : améliorer la concertation et prioriser le couvert arboré avec des espèces locales
La conclusion de ce rapport est globalement positive, tout en mettant l’accent sur des points importants : plus de concertation dans les actions menées... et renforcer le couvert arboré avec des espèces locales.
Des actions ont été réalisées suite à nos conseils de gestion et d’aménagements telles que la limitation des repousses de sapins pectinés, le maintien du roncier ou encore la pose de nichoirs. Néanmoins, nous notons un manque de communication et d’échanges partenariales.
Dans les années à venir, la priorité devra se porter sur la gestion du couvert arboré. Suite aux nombreuses coupes, des dizaines d’arbres et arbustes ont été été plantés tous les ans, mais avec relativement peu d’espèces locales, ce qui peut porter préjudice à toutes les espèces qui en dépendent.
ce qui préserve également le sol forestier.
A l’arrière plan, on aperçoit un chablis d’arbres dessouchés, posés sur un autre.
Il seront très utiles à l’écosystème forestier et ne représentent aucun danger pour le chemin.
Comment concilier enjeux socio-économiques et biodiversité ?
Au final, c’est à la ville d’Avallon que revient le choix politique du devenir du boisement du Parc des Chaumes. Pour éviter de tomber dans l’écueil du non choix, ou du choix au jour le jour, en pensant satisfaire à l’utopie de faire plaisir à tout le monde, elle doit déterminer une ligne claire de gestion. Ce qui implique d’identifier des priorités à travers trois types d’enjeux, en s’entourant de personnes compétentes.
1. Enjeux écologiques : habitats, espèces, fonctionnalité
Sur ce point particulier, le recours à l’expertise de naturalistes (LPO BFC, SHNA, Conservatoire des espaces naturels de Bourgogne) est indispensable.
- identifier et préserver les habitats*, au sens des écologues, désigne les espaces de vie des espèces animales et végétales : cela peut désigner l’ensemble d’un biotope, par exemple la forêt du Parc des Chaumes, ou un tronc d’arbre mort (chandelle) ;
- identifier et préserver les espèces présentes... et prioriser les actions sur les espèces menacées ;
- étudier et améliorer la fonctionnalité* du site, par exemple l’état de la forêt du Parc des Chaumes. On entend par fonctionnalité écologique la capacité d’un écosystème à assurer ses cycles biologiques (reproduction, repos, nourriture, déplacement...).
C’est dans ce cadre que la LPO BFC a par exemple :
- identifié parmi toutes les espèces recensées 6 espèces à enjeu (chardonneret élégant, hirondelle rustique, pic épeichette, serein cini, tourterelle des bois, verdier d’Europe), nicheuses ou susceptibles de nicher à l’intérieur du site, dont l’intérêt patrimonial est le plus fort ;
- préconisé la préservation des habitats : arbres morts sur pied et au sol, ronciers... ;
- préconisé la conservation de ronciers et autres plantes indigènes en sous-bois (pas de débroussaillage) pour améliorer le couvert forestier* et donc la fonctionnalité globale du site ;
- ré-insisté dans son dernier rapport sur l’importance de choisir des espèces indigènes dans le renouvellement du couvert forestier.
2. Enjeux socio-économiques : sport, paysage, loisirs...
Mais la ville d’Avallon doit aussi faire face à des demandes d’usagers (et donc d’électeurs.trices possibles) parfois contradictoires, correspondant à des projections très différentes les unes des autres. Quelques exemples au Parc des Chaumes :
- les associations sportives demandant des terrains de tennis, bike parc et bientôt padel, ce qui implique parfois, comme on l’a vu encore en 2023, un recul de la forêt et une artificialisation des sols. Il y a même eu en 2025 un départ de rallye juste à côté du Refuge LPO* ;
- des demandes de débroussaillage pour faciliter les activités dans le sous-bois (courses d’orientation etc...) ou pour faire propre (correspondant à une certaine vision de parc urbain ou conception d’un espace vert maîtrisé par l’homme et pour l’homme ;
- enfin, des demandes de préservation de l’espace actuel du Parc face à de nouveaux aménagements, comme l’association Cybèle Chaume, avec des projets de plantations de type ornemental (par exemple le projet d’arboretum), mais aussi une volonté d’éducation à l’environnement.
3. Enjeux transversaux : réglementation, sécurité, climat...
Les enjeux transversaux croisent différentes contraintes essentiellement réglementaires, par exemple
- souvent d’ordre réglementaire, par exemple, la trame verte et bleue* (outil d’aménagement du territoire) ;
- les engagements sur des chartes : par exemple la signature d’un Refuge LPO*, d’un Havre de paix pour la Loutre, que l’on peut perdre si l’on respecte pas certaines exigences, en coupant des arbres, en débroussaillant, en organisant des rallyes... ;
- La sécurité des usagers ;
- Le bien-être du bois et de ses habitants humains et non humains face aux menaces du changement climatique.
Pour une ligne politique claire en faveur de la biodiversité
Aujourd’hui, un choix politique en faveur de l’écologie devrait pouvoir s’imposer, suite à l’alignement de plusieurs enjeux, face au défi climatique et l’effondrement global de la biodiversité.
Tomber dans l’utopie de vouloir satisfaire à la fois toutes les attentes, c’est risquer d’aboutir à de grandes incohérences sans en satisfaire aucune.
- on ne peut pas à la fois vouloir faire un Refuge LPO* et débroussailler en retirant, sans respecter la charte, les ronces et les épines noires qui constituent un habitat et une protection naturelle ;
- on ne peut pas à la fois laisser des arbres morts debout dans la forêt et organiser à leur pied des courses d’orientation ;
- on ne peut pas à la fois s’engager à préserver la tranquillité du site en y organisant un départ de rallye automobile ;
- on ne peut pas à la fois vouloir préserver la forêt et continuer d’artificialiser sa lisière.
Pour éclaircir son choix politique, la ville d’Avallon pourrait davantage s’appuyer sur les préconisations de gestion de la LPO BFC, en privilégiant par exemple les espèces locales dans le cadre de projets de reboisement.
L’association Cybèle Chaumes, composée d’avallonnais•es directement concernée•es par les atouts croissants de la biodiversité face au changement climatique, est parfaitement consciente des risques liés à une réduction progressive de l’espace forestier... En ce sens, elle représente un poids électoral non négligeable dans les choix politiques à venir. A condition qu’un dialogue s’établisse, son avis pourrait bien faire pencher la balance vers les conseils des naturalistes.
Toutes les bonnes volontés sont là. Il ne reste plus qu’à prioriser les enjeux et améliorer le travail de concertation, d’écoute, d’information et de formation mutuelle pour harmoniser l’ensemble et définir un plan de gestion cohérent à l’échelle de la forêt, c’est à dire sur plusieurs dizaines d’années.
Comprendre les problèmes sanitaires des arbres : biologiques, mécaniques... et anthropiques
Cette partie ne concerne pas les arbres des Chaumes en particulier. Elle est juste destinée à rappeler tout ce qu’un arbre peut rencontrer comme types de problèmes au cours de sa vie... afin de montrer l’importance des impacts anthropiques.
Causes « biologiques » : sénescence, agents pathogènes
IMPORTANT : La prolifération des pathogènes est due à un dérèglement et donc à l’affaiblissement des arbres qui est quasiment toujours anthropique à l’échelle d’une forêt (exemple : plantation monospécifique ou essence inadaptée à l’autécologie du lieu). Dans une forêt en bonne santé, la proportion de pathogènes est naturellement régulée.
- sénescence, de sénescent*. Se dit d’un organe ou d’un organisme tout entier dont l’activité physiologique se ralentit irréversiblement. La sénescence paraît dû à l’accumulation de produits du métabolisme que l’individu est incapable d’éliminer [3] ;
- champignons parasites, dont voici quelques exemples :
- certains peuvent être contagieux (la chalarose* pour les frênes, la graphiose pour les ormes...) ;
- d’autres menacent directement la résistance mécanique des arbres à leur base, comme les pourridiés racinaires* ;
- parmi les parasites, on peut citer également les chancres pérennants, qui nécrosent chaque année les tentatives de bourrelet de recouvrement, que l’arbre produit pour recouvrir une plaie... ;
- plein d’autres champignons parasites existent, dont une majorité ne présente pas de menace imminente pour la résistance mécanique de leurs hôtes. La présence d’un champignon parasite ne signifie donc pas nécessairement qu’il y a un risque mécanique.
- insectes parasites : s’agissant des insectes, moins de 1 % des espèces de coléoptères saproxyliques sont capables de s’en prendre à des arbres vivants, et le font presque toujours sur des sujets affaiblis, par exemple les scolytes, sur les épicéas [4] ;
- maladies bactériennes (par exemple, le « feu bactérien »).
Traumatismes : arrachage, cassure...
Les traumatismes (chocs, arrachages, cassures) offrent des portes d’entrées aux agents pathogènes.
- certains sont dus à des phénomènes inévitables liés aux aléas climatiques (vents violents, tempêtes, grêle) ;
- d’autres, d’origine anthropique, peuvent être évités : taille inappropriée sur gros diamètre, blessure au collet ou au tronc (souvent une voiture ou un engin).
Problèmes liés au piétinement et au tassement du sol
La piétinement d’un sol conduit à son compactage... Il s’accompagne d’une augmentation de sa densité apparente qui se manifeste par une diminution de la porosité totale et surtout de la macroporosité. Cela conduit à toute une série de phénomènes, mécaniques et biologies, qui nuisent au bon développement de la flore dont :
- augmentation de la résistance mécanique du sol à la croissance des racines... nuisant la germination et à la régénération spontanée ;
- réduction de l’activité racinaire et métabolique des radicelles et des microorganismes associés, associée à la perturbation de la mise en place ou du bon fonctionnement des mycorhizes*.
- diminution du taux d’infiltration d’eau ainsi que de son volume disponible aggravant les risques de stress hydrique* ;
- diminution de la teneur du sol en éléments nutritifs, lié aux difficultés de circulation de l’eau... à la réduction de la vie du sol ;
- disparition presque absolue de la teneur en air du sol conduisant à une asphyxie racinaire* ;
- modification de la conductivité thermique impliquant de plus grandes variabilités saisonnières.
Un sol peu profond, fragile et assez pauvre comme celui du Parc des Chaumes est particulièrement sensible au piétinement.
Impact du dérèglement climatique
Ces différentes causes naturelles ou anthropiques de dégradation de l’état sanitaire des arbres ne s’excluent pas. Et les aléas provoqués par le dérèglement climatique, lui-même en partie causé par l’activité humaine, aggrave la situation
- vents violents, tempêtes ;
- fortes précipitations ponctuelles (l’équivalent de plusieurs mois en quelques jours seulement) rendant le sol instable et favorisant les essouchages, sans pour autant permettre la reconstitution de réserves d’eau dans le sol ;
- sécheresses prolongées, même en dehors de la saison estivale, provoquant un stress hydrique* par embolie gazeuse [5] ;
- changement brutaux de température ou canicules prolongées : stress thermique [6] ;
- orages de grêle plus fréquents et plus destructeurs ;
- hivers de plus en plus doux, favorisant les parasites...
Un affaiblissement du système immunitaire dû à un stress hydrique attire un parasite primaire qui lui même facilite l’installation de parasites secondaires... et ainsi de suite.
Sécurité des personnes : tailler... ou ne pas tailler ?
Avallon : quel budget « sécurité » pour combien d’arbres ?
La ville d’Avallon dispose d’un budget de 70 000 Euros par an pour la mise en sécurité des arbres dont elle a la responsabilité :
- 934 hectares de bois communaux ;
- 2150 arbres d’alignement ;
- 650 arbres et arbustes isolés.
Elle doit donc se concentrer uniquement sur les zones à risque.
Sécurité : comment définir les priorités ?
Le niveau de risque global d’un site peut être évalué selon trois critères :
- niveau de fréquentation du site : par exemple, est-ce une voie de circulation passagère (sentier, chemin, route) ? ;
- probabilité de chute : évaluation de l’état sanitaire et de la résistance mécanique des parties atteintes ;
- étendue et force d’impact : évaluation de la zone d’impact (cône de chute pour un arbre) ainsi que son intensité (dépend du poids du bois altéré)
Tailles de sécurisation : abattage, étêtage, élagage, bois mort
- abattage (suppression complète d’un arbre) : cette intervention radicale s’imposerait par exemple pour un arbre fortement dégradé au niveau de son ancrage (sa base) par un pourridié racinaire* (champignon parasite attaquant les racines et le collet) et dont le cône de chute* (en fonction de son inclinaison, des vents dominants...) couvrirait une zone de passage ;
- étêtage (suppression de la partie supérieure de l’arbre) ou élagage (suppression des charpentières) : parfois, seule une partie supérieure de l’arbre est altérée. Si celle-ci représente une menace directe pour le public, l’étêtage ou l’élagage suffisent à écarter le risque. Du point de vue esthétique, l’aspect « totem » ou chandelle* de la partie restante est discutable, mais largement compensé du point de vue écologique.
- taille du bois mort : opération minimale réalisée généralement par un grimpeur élagueur, qui ne modifie pas l’aspect général de l’arbre : son architecture est visuellement préservée. Cette intervention peut être pertinente pour des arbres dont seules les extrémités (ramifications) sont dépérissantes et représentent une menace directe pour les usagers.
La taille sévère nuit gravement à la santé des arbres
Il faut en revanche proscrire les fortes tailles sur du bois vivant encore en bonne santé :
- les suppléants* (autrefois appelés réitérations traumatiques) sont des rejets vigoureux produits en réaction à un traumatisme (cassure ou taille forte inappropriée). Leurs proportions sont proportionnelles à la vitalité et aux réserves de l’arbre, atteignant parfois en peu d’année des diamètres et longueurs, afin de reconstituer rapidement la partie perdue ;
- l’effet « bras de levier » : le gros problème, c’est que l’ancrage (le cône d’insertion* dans l’arbre) d’un suppléant de deux ou trois ans n’est pas du tout adapté à son envergure. En effet, il est conçu pour supporter le poids d’une branche de taille « normale » du même âge (beaucoup plus petite). C’est comme si on installait un chevron de 4 mètres fixé avec un petit clou à sa base.
– rajouter ici un schéma
Au final, au lieu de sécuriser, on aggrave la situation. C’est pourquoi, de manière générale, en dehors de la taille de formation, une bonne gestion consiste à tailler le moins possible.
Le cas particulier de la taille en « têtard »
La taille en têtard exploite la capacité de l’arbre à multiplier les rejets ou suppléants et recouvrir les plaies (voir chapitre ci-dessus) à chaque coupe.
- c’est une taille de compression utilisée dans le cas où la sécurisation nécessite d’intervenir sur du bois vivant, pour réduire drastiquement et régulièrement la taille d’un arbre ou pour limiter les risques en cas de fragilité mécanique ;
- après réduction d’un axe, elle consiste à supprimer régulièrement chaque rejet, un par un, toujours au même endroit, sans blesser la base (zone d’insertion) et sur des cycles réguliers (2 à 3 ans par exemple). Les rejets se multipliant à chaque taille, ils se partagent d’autant l’énergie qui les produit, ce qui limite l’effet bras de levier.
- les cals de recouvrement successifs (un arbre ne cicatrise pas, il recouvre ses plaies avec un bourrelet) finissent par former un moignon, puis une tête de plus en plus grosse.
Cette pratique était traditionnellement utilisée partout en France pour effectuer des prélèvements réguliers de bois (chauffage, vannerie...) tout en préservant le tronc, avant l’arrivée de la tronçonneuse.
Aujourd’hui, avec la tronçonneuse, la tentation est grande de couper plus bas que les rejets, en entamant la « tête », pour aller plus vite, au lieu de les couper un à un à leur base. Ce qui offre aux champignons un accès direct aux réserves de l’arbre et qui lui est fatal.
Si cette taille est discutable du point de vue esthétique, elle est physiologiquement bien supportée par l’arbre et peut avoir un grand intérêt écologique, à condition d’être faite dans les règles de l’art sur des cycles réguliers... ce qui constitue néanmoins par la suite une contrainte pour les équipes techniques.
Au sujet des arbres têtards, vous pouvez aussi regarder l’incroyable documentaire produit par Valérie Grenon, habitante du Parc de Chaumes, qui s’intitule Drôles de trognes : L’arbre aux mille usages et aux mille visages et qui est déjà passé au Cinéma d’Avallon.
Un arbre creux, même mort, n’est pas forcément dangereux
Les risques de chute d’un arbre sont relatifs
- à sa prise au vent : si l’on considère le feuillage comme la voilure d’un bateau, un arbre mort (et donc sans feuille), a beaucoup moins de prise au vent. C’est d’ailleurs l’une des raisons de perte des feuilles des feuillus et du mélèze en mauvaise saison.
- à sa résistance mécanique (bois sain résiduel) : par ailleurs, la résistance d’un tube est bien connue en construction. Or un arbre creux peut être considéré comme une structure tubulaire. Ses propriétés mécaniques dépendent de l’épaisseur résiduelle de bois sain en périphérie.
Par conséquent, un arbre creux n’est pas forcément dangereux. Il doit être conservé aussi longtemps que possible, ses cavités représentant un intérêt écologique majeur.
Périodes et précautions d’intervention
En cas d’intervention
- dans tous les cas, quelque soit la période, inspecter les cavités et autres habitats potentiels pour exclure la présence inopinée d’un animal en dehors des périodes habituelles ;
- éviter les périodes de mars à juillet (reproduction des oiseaux et des chauves-souris) et de novembre à mars (hibernation des chauves-souris) ;
- préférer septembre à novembre pour un abattage.
Après un traumatisme (tempête...), attendre la fin de la réaction de l’arbre (production de rejets) avant d’intervenir sauf s’il présente un danger immédiat.
Autres types d’intervention possibles
La sécurisation des arbres dits « remarquables »
Certains arbres dits « remarquables » pour différentes raisons (leur port est particulier et/ou ils ponctuent le paysage et/ou ils ont un certain âge...) peuvent, en raison de la valeur patrimoniale qu’on leur attribue, justifier un traitement particulier.
La délimitation d’une zone de sécurité : au lieu de procéder à une taille de sécurisation, même sur les ramifications, la ville peut par exemple décider de restreindre, par une délimitation (corde, chaîne) accompagnée d’un panneau d’interdiction, la circulation du public sous un arbre remarquable dépérissant.
Non seulement la ville se couvre ainsi en terme de responsabilité tout en préservant l’architecture de l’arbre, mais encore elle évite le tassement racinaire et favorise la vie du sol, donc ses chances de survie.
Les arbres malades : prévenir plutôt que guérir
Quand un arbre est malade il n’y a guère de solution curative miracle. Mais on peut faire au moins deux choses importantes :
- aider son système immunitaire en soignant le sol : il suffit pour cela de laisser le bois mort sur place ou d’étaler au sol du BRF (bois raméal fragmenté*), qui permet de constituer une litière carbonée, source de vie dans le sol et d’humus nourricier, tout en atténuant le stress hydrique par sa capacité de rétention en eau ;
- prévoir le remplacement des arbres malades en accompagnant prioritairement la régénération naturelle (semis spontané). Contrairement à la plantation, le semis ne demande aucun suivi d’arrosage et a plus de chance de réussite sur le long terme. Dans le pire des cas, si la régénération naturelle ne marche pas, on plante (si on plante, c’est qu’on s’est plantés) ;
- éviter les blessures : chaque plaie constitue une porte d’entrée aux risques sanitaires. Si l’on sait que telle branche risque de gêner dans quelques années, plus tôt on intervient, plus petite est la plaie à recouvrir pour l’arbre. Le pire de tout, ce sont les blessures au collet (base de l’arbre) : attention à ne pas blesser les arbres avec les engins d’entretien ;
- à savoir : le bénéfice des « mastics de cicatrisation » pour protéger les plaies n’a pas jamais été démontré, sauf pour les petites plaies de greffe mais à condition de contenir un antifongique.
Champignons & autres pathogènes : pourquoi ne pas intervenir ?
Pourquoi ne pas retirer les « champignons » des arbres ?
D’abord parce que cela ne sert à rien : ce qu’on nomme « champignon » n’est en fait que son « fruit », également appelé sporophore*. La présence d’un sporophore signale que le champignon est déjà bien installé dans l’arbre. Selon les cas, soit l’arbre est condamné, soit il va simplement devenir creux, ce qui n’est pas forcément un problème au mécanique... et offre un habitat écologique très recherché.
Ensuite et surtout parce que l’analyse du sporophore est essentielle pour identifier le champignon : cela permet par exemple de savoir si c’est un champignon agressif, qui menace à court terme la résistance mécanique de l’arbre (par exemple un pourridié racinaire*) et de prendre les mesures qui s’imposent.
Petite question mnémotechnique sur la base d’une contrepèterie : pour les arbres du Parc des Chaumes, le plus grande menace vient-elle des sporophores ? Ou plutôt des « forts en sport » ?
Bois mort ou vivant : des insectes et champignons différents
Les insectes du bois mort et ceux du bois vivant ne sont pas les mêmes. De fait, les arbres morts ne présentent aucun danger pour les arbres vivants.
De même, chaque stade de décomposition a un cortège de champignons spécifiques. Les champignons sur un arbre mort n’ont rien à voir avec ceux sur un arbre vivant, et un arbre vivant attaqué par les champignons est en général condamné à terme.
Plus il y a de la vie, mieux les pathogènes sont régulés
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, couper et évacuer les arbres malades n’est pas une bonne mesure prophylatique : outre le fait qu’il est illusoire de supprimer toutes les spores de champignons pathogènes ou de détruire ainsi les populations d’insectes ravageurs, cela empêche les mécanismes régulateurs naturels de se mettre en place.
Des études démontrent par exemple que dans une forêt riche en bois mort on peut recenser jusqu’à 300 espèces susceptibles de limiter les populations de scolytes : pics, coléoptères prédateurs, larves de mouches, guêpes parasitoïdes, acariens ou encore champignons pathogènes. [7]
La fausse idée de « propreté » : logique de mort & pétrole bon marché
« Propreté » et pesticides : une reconversion de l’industrie de guerre
- Le temps des herbes folles : fin XIXe et début XXe, les allées des cimetières étaient parsemées d’herbes folles et les fleurs sauvages (coquelicots, etc...) y poussaient librement. Tout se faisant à la main, une ou deux fauches annuelles y étaient pratiquées. Ce n’était pas un choix écologique mais il était difficile de faire autrement...
- L’arrivée des pesticides* : après la seconde guerre mondiale, l’usage des pesticides (dont les herbicides) s’est beaucoup développé. En effet, après avoir appris à tuer efficacement les hommes, l’industrie de guerre s’est ingéniée à promouvoir de « bonnes pratiques phytosanitaires » comme stratégie marchande de légitimation et de banalisation des pesticides [8]. Au nom de la « propreté », la logique de mort se prolonge en écocide généralisé.
- Pour reprendre notre exemple, les cimetières se sont peu à peu minéralisés : il devenait normal d’avoir des allées de gravier sans un seul brin d’herbe. Peu à peu, la vie végétale a laissé place aux fleurs artificielles... qui, ironie du sort, sont produites à partir des énergies fossiles.
L’énergie fossile bon marché au service du contrôle absolu sur le vivant
- A la même période, surtout à partir de 1950, la production croissante de pétrole bon marché permettra les « Trente Glorieuses », devenu depuis une sorte de mythe de l’âge d’or. Le prix du pétrole, en monnaies constantes, diminuera de 25 % de 1958 à 1973. [9]
- Cette abondance énergique à bas coût permet le développement d’une multitude de machines thermiques permettant d’exercer un contrôle absolu sur la végétation contribuant à cette idée de « propreté » : tronçonneuses, broyeurs, tondeuses, débroussailleuses, épareuses, rogneuses, balayeuses... jusqu’à l’arrivée des souffleurs de feuilles.
La fausse idée de « propreté » : énergivore, coûteuse et anti-écologique
- énergivore : la généralisation des tontes strictes, des tailles régulières et courtes, de l’évacuation systématique des « déchets verts » (rémanents), du nettoyage etc... bref une certaine idée récente, subjective et artificielle de la « propreté », est énergivore.
- ces pratiques deviennent incompatibles avec l’augmentation du coût de l’énergie et la raréfaction des ressources. Sans compter le coût de la main-d’œuvre.
- anti-écologique : aujourd’hui, on sait qu’elles nuisent fortement à la biodiversité et la vie du sol ;
- mauvaise pour la faune : elles détruisent les habitats de nombreuses espèces (oiseaux, mammifères, insectes)
- mauvaise pour la flore : les plantes étant coupées avant la fin de leur cycle, la régénération naturelle ne peut plus se faire et la banque de graines dans le sol s’appauvrit.
- mauvaise pour le sol : l’export des « déchets verts » (les rémanents*) prive le sol vivant d’une biomasse nécessaire à sa régénération, menaçant ainsi la survie des micro-organismes qui participent à sa stabilité et la fabrication de l’humus. Peu à peu, le sol s’appauvrit, devient plus sensible à l’érosion et perd ses capacités de rétention en eau.
Ce qui est « sale », ce sont les produits non biodégradables... d’origine anthropique
L’industrie et le pétrole, qui ont tous deux contribué à développer cette fausse idée de propreté, sont parallèlement les plus gros producteurs de déchets non biodégradables... visibles ou invisibles, de notre société de consommation.
Il est devenu impossible d’échapper, ne serait-ce que visuellement, à leur impact quotidien dans notre environnement.
Les plus visibles (verre, canettes, emballages, plastiques, mégots de cigarette, mouchoirs, rubalises oubliées...)... ne sont pas toujours les plus dangereux et peuvent être ramassés.
Mais, même lorsqu’ils sont collectés, nos déchets se recyclent mal et finissent souvent enfouis ou incinérés.
Le pire, ce sont nos déchets « invisibles » : micro-plastiques, hydrocarbures, micro-déchets électroniques, polluants éternels ou autres produits...
Par ailleurs, l’artificialisation d’un sol pour la construction d’un terrain de tennis ou de basket, outre sa dévitalisation et son imperméabilisation à long terme, nécessite la mise en œuvre de matériaux polluants... et non recyclables.
Si l’on compare tout cela à un milieu forestier en bonne santé qui recycle naturellement l’intégralité de ses déchets, la notion de « propreté » devient très relative.
La gestion différenciée, plus écologique et économique
Un changement de paradigme, après 1973 : premier choc pétrolier
Ce n’est pas un hasard si ce concept artificiel de « propreté », créé de toute pièce par le modèle industriel des « Trente glorieuses », a commencé à être remis en cause à partir du 1973, date du premier choc pétrolier. Dans sa thèse de 2004 sur l’origine et la construction de la gestion différenciée, Gaëlle Aggeri, aujourd’hui ingénieure paysagiste et chercheuse associée à l’École Nationale Supérieure de Paysage de Versailles, écrit ceci :
A partir de 1973, en pleine période de constat de la consommation excessive de ressources naturelles limitées, la prise de conscience collective d’une nouvelle priorité écologique a mis en avant des théories moins techniques et moins rationalistes au profit de recherches de projets urbains plus participatifs ou plus proches de la population. [10]
La naissance du terme de « gestion différenciée »
Après diverses expériences menées en Allemagne, en Hollande, en Suisse, au Canada puis dans différentes villes françaises, le terme de gestion différenciée est adopté en 1993 lors d’un séminaire des collectivités locales organisé par la Ville de Rennes, avec l’adoption d’un « code qualité ».
Des graduations d’entretien permettent de mettre en valeur à la fois les sites de prestige (mosaïculture, fleurissements annuels et bisannuels, jardins historiques) selon les méthodes traditionnelles horticoles et les sites à forte potentialité biologique (parcs périurbains, réseaux verts, zones humides...) selon les techniques de plan de gestion écologique. [11]
Gaëlle Aggeri fait remarquer au passage que l’expression « gestion différenciée », purement technique, n’évoque pas pour le grand public de projet écologique novateur ou pour les élus une formule porteuse d’un nouveau message philosophique... contrairement à d’autres termes utilisés, comme celui de « gestion harmonique ou écologique ».
Application de la gestion différenciée* au Parc des Chaumes
Selon cette pratique de gestion, le rôle des du service des espaces verts ne se résume plus à tailler des arbres, tondre la pelouse partout ou à répondre à une fausse idée, maintenant éculée, « de propreté. »
Elle consiste à différencier les interventions selon les sites, en fonction de critères d’usage, culturels, économiques et écologiques, en identifiant les priorités.
Voici, au Parc des Chaumes, un exemple de gestion différenciée établie selon les préconisations du Refuge LPO* :
- un fauchage régulier limité à une bordure d’un ou deux mètres le long des voies menant aux habitations, ou autour des aménagements sportifs ;
- un fauchage tardif annuel pour le reste, pour diversifier les vivaces et annuelles sauvages ;
- une sécurisation des arbres limitée aux menaces directes sur les voies de circulation ;
- le maintien de tous les arbres, même morts, à l’intérieur du boisement (vous savez maintenant pourquoi) ;
- pas d’export des rémanents (déchets de taille) : tout est laissé sur place (économies de transports + valorisation de la biomasse en circuit court) ;
- des ronciers laissés en sous-bois, évitant les passages intempestifs, préservant le tassement du sol ;
- des plantations avec des espèces indigènes (point pas toujours respecté) si possible en régénération spontanée.
Le bois mort dans tous ses états : saprophyte* à qui ?
Tout est bon dans le bois mort : le rôle des saproxylophages
Dans une forêt, le bois mort, c’est la vie. Il sert d’habitat et de nourriture à la faune et la flore à tous ses stades de décomposition, assurée par les organismes saproxyliques (du grec sapros, en décomposition et xylos, le bois).
C’est grâce aux organismes saproxyliques que, peu à peu, le bois mort se transforme en humus nourricier, assurant la fertilité du sol forestier. Il en existe toute une collection, chacune d’entre elle étant spécialisée à un stade de décomposition du bois.
- A commencer par les champignons saprophytes* (à l’origine du jeu de mot mnémotechnique de ce chapitre), capables de décomposer la lignine et la cellulose du bois et qui procèdent par absorption ;
- Les insectes saproxyliques, quant à eux, passent tout ou partie de leur cycle de vie dans le bois en décomposition ;
- Ajoutons à ces organismes des amphibiens, dont des grenouilles
- Sans compter tous les organismes invisibles : acariens, bactéries...
Leur rôle écologique ne se limite pas au recyclage de la matière organique. La saproxylie s’inscrit au cœur d’un cycle vertueux, où chaque étape de la dégradation du bois offre des ressources spécifiques à des organismes adaptés à différents stades de décomposition, favorisant la biodiversité.
Le bois mort sur pied ou chandelle*, habitat très convoité
Un arbre mort sur pied, appelé chandelle, offre de nombreuses cavités de toutes dimensions, très prisées par les espèces dites cavernicoles*.
Certaines, dites primo-carvernicoles*, creusent elles-même leurs cavités... d’autres se contentent de s’installer dans les habitats disponibles. Premier arrivé, premier servi ! Surtout quand les arbres morts sur pied sont rares.
Beaucoup d’entre elles ne vivent qu’en hauteur (dont les oiseaux et les chauves-souris). Par conséquent, plus longtemps l’arbre restera debout, plus il y aura d’espèces différentes qui se succéderont pour profiter de l’aubaine et plus elles pourront se reproduire, assurant leur survie.
Il n’y a pas que la faune ou les champignons qui apprécient le bois mort. Côté flore, de nombreuses variétés de mousses, fougères, des hépatiques, ou lichens en ont besoin pour se développer, chacune à la hauteur qui lui convient.
C’est pourquoi, du point de vue écologique, il est essentiel de conserver des îlots de sénescence*, des chandelles, des souches etc... : c’est exactement ce qu’essaie de faire la ville d’Avallon en suivant les préconisations de la LPO BFC.
Le bois mort au sol : une troisième vie !
Une fois au sol, le bois continue à offrir le gîte et le couvert à d’autres espèces végétales et animales. Des mammifères connus, comme les lièvres ou les hérissons, affectionnent la protection de gros tas de branches... Sans oublier les insectes, qui forment un chaînon essentiel de la biodiversité.
Comme il préserve l’humidité au sol, le bois mort fait également la joie des batraciens.
Même les arbres aiment à germer directement sur du bois mort : avez-vous jamais vu une plantule poussant sur souche ou sortant d’une cavité ? Non seulement elle profite de la nourriture et de l’humidité offerte par ce substrat, mais encore, selon la hauteur, elle bénéficie de lumière tout en étant préservée des herbivores.
Environ un quart des espèces forestières dépendraient du bois mort, au moins pendant une partie de leur cycle de vie [12].
Au risque de se répéter, chaque étape de la décomposition du bois accueille une faune et une flore spécifique, y compris au niveau de sa souche (qu’il ne faut donc pas « dessoucher »). Un peu comme s’il avait plusieurs vies !
Supprimer des étapes de décomposition revient donc tout simplement à menanacer une partie de la biodiversité contribuant à l’équilibre de l’écosystème forestier.
Humus & sol vivant : la boucle est bouclée !
A la fin de sa décomposition, le bois se transforme en humus, cet or noir du sol vivant, qui assure la fertilité du sol forestier... C’est la qualité et la quantité (épaisseur) de cet humus qui détermineront la résilience du boisement face aux menaces qui pèsent sur l’avenir, comme le changement climatique.
Un sol forestier en bonne santé est souple, aéré, perméable, de couleur sombre, humide et sent bon le champignon. Tout cela grâce au bois mort et aux bestioles qui le décomposent.
Après avoir lu cette véritable « ode au bois mort », vous verrez sans doute d’un autre œil les chablis*, andains de branches et autres rémanents laissés sur place par les équipes techniques de la ville. Mieux, vous laisserez peut-être un peu de sauvagerie s’installer dans votre jardin ?
Comment améliorer la biodiversité au Parc des Chaumes ?
Entre « nature sauvage » et artificialisation
Il y a sûrement bien longtemps que la forêt du Parc des Chaumes n’est plus naturelle. D’ailleurs, il serait bien difficile de définir ce terme. Dans un article intitulé « Comment administrer la nature ? », Gilbert Simon, inspecteur général de l’environnement, affirme :
Il n’existe pas, il est vrai, de séparation franche entre la nature et ce qui n’en est pas (il existe des recherches sur des espèces « sauvages » au cœur des grandes villes ou dans des champs de maïs, et à l’inverse d’autres qui démontrent que la forêt amazonienne ou l’Antarctique ont énormément subi l’impact des activités humaines) [13].
Mais sa réduction constante et l’artificialisation qui s’ensuit menacent aujourd’hui sa biodiversité. Pour endiguer sa diminution, constatée sur les oiseaux recensés par la LPO BFC entre 2015 et 2024, il urgent de prioriser les objectifs éco-systémiques.
Habitats, corridors écologiques, nourriture, eau et protection
Comment transformer la fameuse « attractivité du territoire » — terme habituellement employé pour l’économie du développement et l’économie financière — en attractivité écologique, pour que le bilan 2029 du Refuge LPO du Parc des Chaumes constate une explosion du nombre d’oiseaux ? De quoi la faune a-t-elle besoin pour revenir ?
- Multiplication des habitats* et micro-habitats* [14] ;
- Restauration de corridors écologiques* pour pouvoir se déplacer d’un réservoir de biodiversité* à un autre ;
- Nourriture abondante toute l’année en fruits, graines, insectes ;
- Eau : restauration de la mare du lacet des Grandes Chaumes ;
- Protection contre les prédateurs... et la pression anthropique (densification de la végétation... et des plantes à épines).
La biodiversité de la faune est directement liée à celle de la flore et de sa densité horizontale et verticale (étagement des strates végétales).
Régénération spontanée*, maintien du bois mort
La bonne nouvelle, pour le budget de la ville, c’est qu’il vaut mieux laisser la végétation existante se densifier toute seule par régénération spontanée que de planter des arbres dont la reprise est incertaine et la variété pas toujours adaptée.
Tout au plus faudra-t-il de temps à autre...
- Limiter la régénération spontanée de certaines essences :
- les sapins, qui risquent de former un nouveau peuplement monospécifique, condamnant la régénération des autres espèces... et appauvrissant le nombre de strates végétatives ;
- même remarque pour le houx... qui peut devenir invasif ;
- contrôler la prolifération de robinier faux acacia ;
- Pratiquer la régénération naturelle assistée sur les zones les plus dégradées ;
- Limiter la circulation aux voies existantes, par des installations dissuasives d’andains de branches ou d’épines aux extrémités des voies secondaires ;
- Ne plus exporter les rémanents* : laisser tout le bois sur place.
Le plus important sera de communiquer sur ces actions, pour les rendre compréhensibles de toutes et de tous.
Quelles espèces indigènes pour le Parc des Chaumes ?
Selon une expression utilisée par SOS Forêt France : « Si on plante c’est qu’on s’est planté » [15]. Cela signifie que...
- On travaille en priorité avec la régénération spontanée, ou la régénération naturelle assistée ;
- Si ça rate, on plante.
En privilégiant dans les deux cas, autant que possible, les espèces indigènes... adaptées à l’écosystème existant, pour chacune des différentes strates de végétation forestière.
En voici une petite sélection, pour les strates arborées, arbustives et transversales (lianes), sélectionnées autant que possible en tenant compte du biotope* du Parc des Chaumes... et de la flore existante, avec quelques informations sur leurs atouts pour la faune (habitat, nourriture... protection). La plupart étaient déjà présentes « naturellement » sur le site.
Cette liste d’espèces indigènes a été réalisée à l’aide des palettes végétales du Conservatoire de botanique national du Massif Central ainsi que des fiches présentes sur le site national de LPO. On notera sur cette liste l’absence du frêne (à cause de sa fragilité à la chalarose). Mais il faut garder tous ceux qui sont en place et qui se resèment naturellement, le plus longtemps possible. On regrettera aussi l’absence du hêtre, à la fois apprécié comme arbre ornemental et comme réserve de nourriture... mais qui est sensible aux sécheresses. Quant au châtaignier... essence qui convient parfaitement à ce biotopoe, il semble victime en France d’une maladie contagieuse nommée l’encre du châtaignier.
Pour la strate arborée
- Strate arborescente supérieure
- Chêne pubescent (Quercus pubescens) : Plus résistant à la sécheresse que le chêne sessile.
- Chêne sessile (Quercus petraea) : Plus résistant à la sécheresse que le chêne pédonculé, il est bien implanté dans la forêt du Parc des Chaumes.
- Cormier domestique (Cormus domestica) : Fruitier sauvage supportant bien la chaleur.
- Érable plane (Acer platanoides) : Plus xérophile et plus exigeant en lumière que Acer platanoides.
- Merisier (Prunus avium) : Particulièrement apprécié du Rouge-queue à front blanc, le merisier est une espèce incontournable pour les oiseaux.
- Noyer commun (Juglans regia) : Très apprécié du corbeau freux.
- Tilleul à petites (feuilles Tilia cordata) : Moins sensible à la sécheresse que Tilia platyphyllos.
- Strate arborescente inférieure
- Alisier blanc (Aria edulis ) : Arbre fruitier très attractif pour la petite faune, les oiseaux, les insectes, et en particulier les pollinisateurs.
- Alisier torminal (Torminalis glaberrima) : Relative tolérance à la sécheresse mais ne supporte pas la concurrence. Arbre de lumière. Moins pionnier que les autres alisiers.
- Charme commun (Carpinus betulus) : Espèce au pollen très allergène, mais aimant l’ombre du sous-bois, qu’elle contribue à densifier. Espèce typique des taillis, comme dans la forêt des chaumes.
- Érable champêtre (Acer campestre) : Espèce pionnière présentant une meilleure résistance à la sécheresse que l’érable sycomore.
- Érable de Montpellier (Acer monspessulanum) : Peu exigeant et résistant à la sécheresse, on peut le trouver en France jusqu’en Moselle. Feuillage d’or à l’automne.
- If commun (Taxus baccata) : La graine de son fruit rouge est toxique, mais inoffensive pour les oiseaux, car elle passe tout droit dans leur tube digestif.
- Poirier commun (Pyrus communis) : Fleur mellifère intéressante pour les abeilles sauvages… car les abeilles domestiques dédaignent générélament son nectar.
- Sorbier commun ( Sorbus aucuparia) : Espèce incontournable pour les oiseaux, autant pour ses fruits que pour la densité de ses ramifications.
Pour la strate arbustive
- Strate arbustive haute
- Aubépine monogyne (Crataegus monogyna) : Ses fruits, les cenelles, sont une source de nourriture précieuse pour de nombreuses espèces d’oiseaux à l’automne et en hiver. Ses redoutables épines offrent une protection aux petites bestioles.
- Cornouiller mâle (Cornus mas) : Refuge pour les oiseaux (densité des ramifications)
- Genévrier commun (Juniperus communis) : Ses fines aiguiles le rendent résistant aux sécheresses. Ils aiment les sols légèrement acides. Leur baies sont consommées par les oiseaux et la petite faune. Présent dans les forêts avallonnaises.
- Houx Ilex (Aquifolium) : Malgré son intérêt (fruits et protection pour les merles et les grives) son feuillage persistant peut nuire à la régénération : à contrôler.
- Noisetier à fruits (Coryllus maxima) : Attire notamment la mésange bleue au printemps et la sitelle torchepot en hiver. Aime l’ombre et limite l’érosion du sol.
- Noisetier commun (Corylus avellana) : Attire notamment la mésange bleue au printemps et la sitelle torchepot en hiver. Aime l’ombre et limite l’érosion du sol.
- Poirier cordé (Pyrus cordata) : Espèce thermophile, héliophile ou de demi-ombre, sols pauvres en bases, pH acide, mésophile. Biotope primaire : bois, friches, haies.
- Pommier des bois (Malus sylvestris) : Espèce de pommier sauvage, par tellement acidiphile mais poussant principalement dans les bois et en lisière de forêts.
- Sureau noir (Sambucus nigra) : Les fruits sont dévorés par les merles noirs, les grives, les fauvettes à tête noire. Bonus : feuillage dense et nombreuses ramifications.
- Strate arbustive basse
- Cornouiller sanguin (Cornus sanguinea) : Le cornouiller sanguin est particulièrement apprécié par la Fauvette grise, petit passereau migrateur qui passe l’hiver dans les régions chaudes d’Afrique.
- Cytise à balais (Cytisus scoparius) : Plante mellifère très appréciée des abeilles sauvages et des bourdons.
- Fusain d’Europe (Euonymus europaeus) : Fleurs (Papillons). Fruits d’hiver appréciés des merles, grives, mésanges, rouges-gorges, tarins des aulnes, pigeons ramiers, pinsons du Nord, étourneaux.
- Groseiller commun (Ribes rubrum) : Le sol idéal pour les groseilliers est frais, humifère et bien drainé. Ils préfèrent un pH légèrement acide à neutre, entre 5,5 et 7,5.
- Prunellier commun (Prunus spinosa) : Aussi appelé épine noire, il se plait en plein soleil, et ne craint pas la sècheresse, une fois bien implanté. Espèce mellifère et plante refuge et nourricière. Offre une protection redoutable grâce à ses épines.
- Rosier des chiens (Rosa canina ) : Un rosier sauvage aux épines protectrices pour la faune, très fréquent dans les haies et les bois, aux fleurs mellifères. Ses fruits, les cynorrhodons, sont riches en vitamine C.
Pour la strate transversale
- Strate dite transversale, composée de lianes
- Chèvrefeuille des bois (Lonicera periclymenum) : Ses baies bleues, bien que souvent toxiques pour l’homme, servent de nourriture à de nombreux oiseaux en automne et en hiver, comme le moineau friquet. En tant que liane, il densifie la végétation.
- Clématite des haies (Clematis vitalba) : Grâce à son feuillage dense, la clématite des haies sert d’abri pour les oiseaux et les insectes. Elle supporte mal la sécheresse mais aime les sols bien drainés.
- Lierre (Hedera helix) : Pour tout savoir sur cette liane tant décriée, lisez le numéro de la Hulotte n°106, qui offre toute l’année un abri aux insectes et oiseaux… et des fruits en fin hiver. Essentiel pour la biodiversité.
- Ronce (Rubus fruticosus) : La ronce n’a que des avantages pour protéger la faune, avec la densité de ses buissons d’épines, son pollen et ses fruits. Elle aide aussi à la régénération, en protégeant aussi les jeunes arbres.
Espèces à éviter : invasives, exotiques, persistantes...
L’introduction de nouvelles espèces n’est pas toujours une bonne idée... car elles peuvent déséquilibrer l’écosystème en place.
- Le chêne rouge d’Amérique (même s’il est très ornemental, à l’automne) :
- Il colonise rapidement les milieux favorables où il est présent à cause d’un taux de germination élevé de ses glands, avantage compétitif qu’il complète en développant une activité allélopathique (interaction biochimique favorisant l’exclusion des autres végétaux des milieux colonisés) [16].
- Une expérimentation d’éco-pâturage est en cours dans la Nièvre pour lutter contre l’invasion du chêne rouge à la Réserve Régionale des Mardelles de Prémery [17]
- Même si certaines espèces non indigènes peuvent avoir un intérêt pour la faune (comme le cotonéaster), il convient d’adopter la plus grande prudence : un déséquilibre est vite arrivé : par exemple, Cotoneaster horizontalis est décrite comme une espèce au risque invasif fort, potentiellement transformatrice des milieux [18] ;
- Limiter de manière générale l’introduction ou le développement d’espèces persistantes même indigènes, appauvrissant à terme la biodiversité (comme le houx par exemple, qui peut proliférer, empêchant la régénération spontanée).
Faut-il recourir à la migration assistée* pour anticiper le changement climatique ?
À l’horizon 2050, 71 % des espèces d’arbres et arbustes de ces cinq villes françaises seront en situation de risque vis-à-vis de l’augmentation des températures moyennes annuelles, 69 % des espèces seront à risque vis-à-vis de la diminution du cumul des précipitations annuelles et 49 % des espèces seront à risque pour les deux phénomènes à la fois [19].
La tentation est forte, pour mieux anticiper le changement climatique, d’introduire de nouvelles espèces qui résisteraient mieux à des températures extrêmes. Cela porte même un nom : la migration assistée* d’espèces d’arbres, dont la forme la plus extrême est la translocation* (déplacement d’espèces par delà les barrières naturelles montagnes, mers). Ce serait oublier que chaque essence est adaptée à un milieu, un climat et un écosystème précis.
Quand les arbres migrent d’eux mêmes à leur rythme (à une vitesse estimée à quelques kilomètres par siècle) ils entraînent avec eux toute la vie dont ils dépendent (champignons symbiotiques, saprophytes, probiotiques en tout genre...) et ont le temps de s’adapter, en développant parfois des mutations génétiques. Ce que la migration assistée ne permet pas.
Citons à ce sujet la conclusion d’un article publié dans The Conversation le 25 janvier 2024, intitulé Migration assistée d’espèces d’arbres : bonne ou mauvaise solution d’adaptation climatique des forêts ? [20] :
La migration assistée, et surtout la translocation, d’espèces n’est donc pas la panacée. Même si l’idée de base part d’une volonté de mieux faire pour adapter nos forêts au climat, les effets attendus pourraient être moins bénéfiques en générant à long terme des problèmes plus grands. L’histoire a souvent montré que la nature ne se dompte pas facilement ; elle doit être comprise. Nous devons nous y adapter de façon ingénieuse en favorisant ce qu’elle sait faire de mieux.
Si un travail d’expérimentation sur l’acclimatation d’autres espèces d’arbres présentes dans les régions tempérées chaudes d’Asie ou d’Amérique est nécessaire, sa place est plutôt dans les jardins botaniques ou les arboretums. [21]
L’avenir du Parc des Chaumes : un enjeu citoyen
Établir un dialogue à double sens entre « initié•es », habitant•es et usagers, dans le cadre de démarches participatives
A Avallon comme ailleurs, les relations entre les gestionnaires, les spécialistes (naturalistes, forestiers, arboristes) et le public peuvent être marquées par une certaine défiance mutuelle.
Dans sa thèse sur les forêts dans la ville [22], Julien Dellier évoque deux raisons principales pour expliquer cette situation :
- une faiblesse de la communication entre les professionnels et les usagers de manière générale, et du manque de considération de l’avis des seconds par les premiers en particulier ;
- une approche trop souvent unilatérale (les « spécialistes » imposant leur vision de la forêt à la « population ») de moins en moins acceptée par la société , cette dernière projetant sur la forêt un certain nombre de représentations se nourrissant soit de revendications sociales et/ou environnementales fortes.
Julien Dellier ajoute :
En effet, la forêt périurbaine ne recouvre pas seulement une réalité matérielle d’un écosystème particulier dans un espace donné. C’est avant tout un produit des perceptions et des représentations propres à chaque individu. Elle entre dans le cadre plus général de la considération de ce qu’est la nature, qui est elle-même une création culturelle. De ce fait, il existe une pluralité des discours tant sur la forêt que sur la définition de son caractère périurbain qu’il convient de prendre en compte. Les mots clés des uns ne sont pas forcément ceux des autres [23].
Si l’on s’en réfère au modèle proposé par Roland Gustavsson en 2006 [24], on peut distinguer trois catégories d’acteurs/trices :
- les « initié•es » de la forêt (insiders) : forestiers, propriétaires (ex : la ville d’Avallon), naturalistes (ex : la LPO BFC, la SHNA)... ;
- les « étrangers » (outsiders) : visiteurs, associations de loisirs, associations sportives..., « consommateurs » de la forêt ;
- les « nouveaux venus » (newcomers) : qui sont aussi des outsiders, du moins au départ, avec une sensibilité particulière pour les arbres et forêt sans forcément avoir de connaissance sur son écosystème.
Le rôle des « Initié•es » est alors d’une part d’être à l’écoute de leurs attentes, afin de leur attribuer la place qui leur revient dans une approche participative de la gestion de la forêt, et d’autre part d’aiguiller ces « nouveaux venus » dans le but de leur faciliter une bonne assimilation de l’environnement. Ainsi, les outsiders pourraient progressivement devenir des insiders.
Cette redéfinition de la relation entre "experts" et usagers des forêts, qui consiste à établir un dialogue à double sens, en passant par des démarches participatives... est un exercice d’équilibriste périlleux. Deux écueils doivent être évités :
- la mise en œuvre de cette approche ne doit pas être un leurre servant de caution aux gestionnaires pour ne surtout rien changer dans leur approche ;
- l’utopie de pouvoir satisfaire des attentes socio-spatiales inconciliables.
Quelles sont les attentes des avallonnais•es ?
Pour terminer cette réflexion on pourra citer le travail de Marc Chaillet sur une approche socio-spatiale des espaces verts urbains [25], qui interroge, à travers le prisme des usagers, les questions de « nature » et de « bien-être ». Son étude, appliquée à trois cas rennais, fait apparaître, par ordre décroissant de visibilité dans les réponses récoltées, les attentes suivantes :
- La quête de quiétude : les usagers recherche le calme, le repos, l’apaisement ;
- La logique contemplative et esthétique ;
- La logique sociale et identitaire : rencontres, convivialité, appartenance à son quartier ;
- La logique hygiéniste : activité physique ;
- La logique naturaliste arrive en dernier.
Qu’auraient répondu les avallonais•es à cette question ?
Nul besoin d’être naturaliste ou de savoir reconnaître les oiseaux pour apprécier la forêt. Mais une meilleure sensibilisation — même superficielle — au fonctionnement de l’écosystème forestier permettrait sûrement de comprendre à quel point la biodiversité est indissociable de sa santé et de sa résilience face au changement climatique.
En commençant par la découverte du rôle central du bois mort... et l’abandon d’« une fausse idée de propreté », comme nous avons tenté de le faire dans cet article.
La forêt en ville face au changement climatique
Face aux effets du changement climatique, le développement de forêts urbaines [26] ou d’« îlots de fraîcheur » [27] devient un sujet prioritaire pour l’aménagement urbain.
La forêt du Parc des Chaumes pourrait bien jouer un rôle essentiel dans un avenir proche : atténuer les risques liés aux canicules. Une étude scientifique publiée le 4 octobre 2021 révèle que sous la canopée, l’air est 2,1°C inférieur à la température extérieure en été. [28]
Un article paru en 2019 dans la revue santé publique cite plusieurs études faisant apparaître des variations de températures entre espaces verts et espaces construits allant de 0,5 °C à 4 °C selon la ville et le type d’espaces verts et avec une influence pouvant s’étendre jusqu’à 2 km autour de l’espace vert. [29]
D’après une autre étude parue dans The Lancet en février 2023, une ville pourrait réduire la température de 0,4 degrés celsius en moyenne pendant les canicules avec une couverture végétale de 30% de sa surface. [30]
Participer à l’avenir du Parc en rejoignant la LPO BFC et/ou Cybèle Chaumes
L’exigence de la réconciliation — Biodiversité et société, livre publié sous la direction de Cynthia Fleury et Anne-Carole Prevot-Julliard, conclut que maintenir une nature qui soit plus adaptée à la préservation de la faune et de la flore est d’abord une question sociale et de gouvernance, avant d’être un problème de technique. [31]
L’avenir du Parc des Chaumes dépend avant tout d’un choix politique de la ville d’Avallon laquelle peut s’appuie de plus en plus sur les préconisations du Refuge LPO*, reconduit jusqu’en 2029.
Mais ce programme en direction de la biodiversité peut être rompu à l’initiative d’une des deux parties ou ne plus être renouvelé : si la LPO BFC estimait par exemple que des actions nuisant fortement aux espèces recensées étaient réalisées. Ou si la ville souhaitait se libérer des contraintes du Refuge LPO*.
Dans cet équilibre essentiellement politique, où les pressions socio-économiques ont trop souvent le dessus sur les enjeux de biodiversité, les citoyennes et citoyens peuvent peser dans la balance en visibilisant leur engagement dans des associations de quartier et/ou environnementales.
Concernant le Parc des Chaumes, les deux associations ayant actuellement un rôle sur la politique de gestion de la ville sont la LPO BFC, une association apolitique comprenant à la fois des naturalistes salarié•es et des passionné•es, ou l’association Cybèle Chaumes, créée en 2020, qui représente des avallon•naises soucieux•ces de l’avenir du Parc.
Pour les contacter ou les rejoindre
- LPO BFC Sud de l’Yonne : gl.sud-yonne@LPO BFC.fr.fr]
- Cybèle Chaumes : cybele-chaumes@orange.fr
Remerciements
A la ville d’Avallon pour les questions de gestion
Valleeducousin.fr tient tout d’abord à remercier le ville d’Avallon, pour les éléments répondant aux questions de gestion
- Léa Coignot, déléguée à l’environnement et à la transition écologique qui a remplacé à ce poste Françoise Wicker élue ayant signé la première Charte Refuge LPO* ;
- le service des espaces verts et environnement d’Avallon.
À la LPO BFC pour son éclairage technique
Nous remercions la LPO BFC, pour les explications sur son rôle de conseil auprès de la ville d’Avallon dans le cadre du Refuge LPO.
Merci à Didier Voillot, bénévole à la LPO BFC d’Avallon, pour le temps passé à relire cet article et ses explications sur les oiseaux des Chaumes.
Merci également à Jean-Paul Leau, photographe animalier, pour les photos d’oiseaux qui ont permis d’illustrer l’article.
À Cybèle Chaumes pour les échanges sur leur démarche
Merci enfin à l’association Cybèle Chaumes, pour les échanges constructifs que nous avons pu avoir sur leur démarche avec la ville d’Avallon et sur leur travail d’implications des habitante•s du quartier sur l’avenir du Parc des Chaumes.
Au Parc du Morvan, mission Natura 2000
Merci à Sidonie HENNING, chargée de mission Natura 2000 au Parc naturel régional du Morvan, pour ses précisions concernant cette zone classée « Milieux humides, forêts, pelouses et habitats à chauves-souris du Morvan » (FR2600987), notamment sur la confirmation de l’intérêt du maintien de chandelles pour les barbastelles, une espèce de chauve-souris recensée sur le site.
A toutes les personnes ayant participé à la rédaction, la relecture, l’illustration et la correction de ce dossier
Un dossier aussi complet ne peut voir le jour sans la participation de nombreuses personnes ayant bien voulu partager leurs compétences : naturalistes, spécialistes de l’arbre, photographes... et artistes.
Aux arbres et à leurs habitant•es non humain•es
Un grand merci, enfin, à chacun des arbres et de leurs habitant•es, visibles ou invisibles, audibles ou inaudibles, qui font du Parc des Chaumes un émerveillement permanent à l’est de la ville d’Avallon. A l’ouest, un autre boisement mériterait un second article, mais nous en reparlerons ultérieurement. A suivre...
Bibliographie et autres ressources documentaires
Livres
- BOULARD, Bernard. Dictionnaire Plantes et Champignons de Bernard Boulard, ESTEM – éditions scientifiques, techniques et médicales, 2000
- BOURDU, Robert. Des soins pour les très vieux arbres. Paris, Ulmer, 2025
- GÉRARD, Daniel. Créer un beau jardin-refuge pour les oiseaux. Paris, Ulmer, 2025
- LECLERC, Bénédicte (ed.). Jean Claude Nicolas Forestier, 1861-1930 : du jardin au paysage urbain. Actes du Colloque international sur JCN Forestier, Paris, 1990. Editions A&J Picard, 1994
- MÜLLER, Serge, PLAQUETTE, Alain (Sous la direction de Bastien CASTAGNEYROL). De l’arbre en ville à la forêt urbaine. Versailles, Éditions Quae, 2024. 9782759238781. En ligne sur HAL science ouverte (hal-04802948 , version 1) ou sur le site des Presses de l’Université du Québec.
- SANTOS, José. « Réalité et imaginaire des parcs et des jardins dans la deuxième moitié du XIXe siècle », Nineteenth-Century French Studies, vol. 31, n° 3-4, printemps-été 2003, p. 278-296.
- TRIPLET, Patrick. Dictionnaire encyclopédique sur la diversité biologique et de la conservation de la nature. 11e édition, 2025
- VACHEROT, Jules. Les parcs et jardins au commencement du xxe siècle, Paris, Octave Doin, 1908.
Thèses
- DELLIER, Julien. DES FORÊTS DANS LA VILLE - Analyse du processus d’intégration par une approche territorialisée, exemples de trois agglomérations moyennes européennes : Grenoble, Limoges et Swindon. Université de Limoges, 2007. (HAL Id : tel-00593232)
- LEPILLÉ, Romain (Sous la direction de Michel BUSSI et Damien FÉMÉNIAS). Forêts urbaines de loisirs : usages récréatifs et manières d’habiter. Tome 1. Université de Rouen Normandie, 2017 (Autre lien sur theses.fr)
Mémoires et Essais
- BELUS, Hugo (Sous la direction de Benoit ROMEYE). Forêt urbaine de Mazargues : entre nature urbaine et stratégie territoriale. Sciences de
l’Homme et Société. dumas-05163329. Mémoire de master 2 Urbanisme et Aménagement. Aix Marseille Université 2025. - CHAILLET, Marc (sous la direction de : Louisa PLOUCHART). Les espaces verts urbains a travers le prisme des usagers : approche socio-spatiale Mémoire de Master 2 aménagement et urbanisme. Université de Rennes 2, 2018
- HEMON Coralie (sous la direction de Monsieur Yengué). Le parc urbain : appropriations et pratiques au cœur d’un paysage de « nature », Le cas du Parc de l’Arrou à Blois, Loir-et-Cher, Mémoire de Master 1. Département Géographie de l’Université de Tours, novembre 2014
- SEKOUR, Yanis. Analyse de la structure de la forêt urbaine et développement d’un outil d’aide à la décision afin de valoriser les arbres dans le milieu urbain : Cas de la ville de Sherbrooke, Québec, Canada. Département de géomatique appliquée, Université de Sherbrooke, Février 2025
Articles
- AMEGLIO, Thierry, CHARRIER, Guillaume. Sous l’impact des dérèglements climatiques, les arbres vont manquer de sève !, INRAE, le 07 juin 2022
- BÄTTIG, Andreas. Stress thermique : la recherche décrypte la réaction des arbres aux températures extrêmes, WSL News, 13/05/2024
- CARCAILLET, Christopher (PSL Université), DECOCQ, Guillaume (Université d’Amiens), DELERUE, Florian, (Université de Bordeaux), DOMEC, Jean-Christophe (Bordeaux Sciences Agro), LENOIR, Jonathan (CNRS), MICHALET Richard (Université de Bordeaux). Planter des arbres venus de régions sèches : la « migration assistée », une fausse bonne idée ? The Conversation, 25 janvier 2024
- CASTAGNEYROL, Bastien, PAQUETTE, Alain, MULLER, Serge.Les arbres en ville : pourquoi il n’y a pas que le nombre qui compte. TheConversation, 5 février 2025
- GODEFROID S., K OEDAM N. Interspecific variation in soil compaction sensitivity among forest floor species. Biological conservation, 2003
- MULLER, Serge. Microforêts urbaines : que penser de la « méthode Miyawaki » ? Muséum national d’histoire naturelle, 16 mars 2021 ;
- VITASSE, Yann, WOHLGEMUTH, Thomas, RIGLING, Andreas. Les forêts face aux sécheresses et canicules : causes de dépérissements, facteurs aggravants et différences de sensibilité entre les espèces. Revue forestière française, 23 juin 2023 ;





















