Journal > Environnement >

Le rallye de l’avallonnais c’est qu’une fois par an ? Un passif bien chargé + un effondrement de la biodiversité... et la présence fragile de la loutre

En quoi notre association fait-elle preuve d’une tolérance excessive ?

Pour répondre à la remarque récurrente « Le rallye de l’avallonnais, ce n’est qu’une fois par an ! » cet article montre à quel point notre association fait preuve d’une tolérance excessive, compte-tenu d’un contexte d’effondrement de la biodiversité et d’un passif bien chargé !

Vous pouvez également suivre notre Fil info national vs Rallyes..

Un contexte mondial d’effondrement de la biodiversité

Depuis 45 ans que ce rallye de l’avallonnais existe, le contexte a bien changé. Voici ce que nous dit l’IPBS (La plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) :

La biodiversité en danger

Aujourd’hui, le constat est sans appel, la biodiversité est en chute libre. De nombreux animaux et plantes disparaissent, à un rythme encore jamais égalé. La disparition de la biodiversité est en train de provoquer des effets graves sur les moyens de subsistance, l’économie et la qualité de vie des populations humaines. On parle même d’extinction de masse.

Sixième extinction en vue

L’eau, le pétrole, le gaz, le charbon, les animaux, les minerais, la forêt amazonienne, ne sont pas des ressources naturelles inépuisables. Les sociétés humaines se sont servies sans compter, sans se préoccuper de l’avenir.

Depuis deux-cents ans, les extinctions d’espèces sont 10 à 1000 fois plus rapides que le rythme naturel. Un constat que 1400 scientifiques ont établi dans le monde entier. A ce rythme là, la planète va perdre 75 % de ses espèces en 500 ans. Cette 6e extinction est cette fois causée par une seule espèce, l’espèce humaine. (Source IPBES)

Liste rouge des espèces menacées en France : 16 ans de résultats

A propos de l’IPBS : La plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques a été créée en 2012. Cette plateforme publie régulièrement des travaux scientifiques sur l’état de la biodiversité à destination des gouvernements de ses États membres. Ces travaux servent d’appui aux négociations internationales pour freiner le déclin de la biodiversité.

L’IPBES a pour mission de constituer une interface entre la communauté scientifique et les gouvernants. Elle contribue ainsi à la prise de décisions par la diffusion d’une connaissance pluridisciplinaire sur la biodiversité et les écosystèmes. On la désigne parfois comme « le GIEC de la biodiversité ».

Le choix de la biodiversité devrait être prioritaire dans la vallée du Cousin, surtout depuis la fragile présence de la loutre

La ville d’Avallon a tout pour favoriser la biodiversité  : une vallée du Cousin magnifique avec une faune et une flore variée. D’ailleurs, elle s’est engagée par la signature d’un refuge LPO, d’un refuge chauve-souris et maintenant d’un havre de paix pour la loutre d’Europe.

Loutres se faisant un câlin

Persister à accueillir « avec enthousiasme » (sic), dans cette même zone, un rallye automobile d’un autre âge, bruyant et polluant, dont les risques de pollution chimique du milieu aquatique sont réelles, constitue une menace directe et contradictoire sur la biodiversité qu’elle devrait s’engager à défendre.

En ne remettant en cause que 2km du circuit sur 40km, Alterallye fait preuve d’une tolérance excessive !

Pour toutes ces raisons, le rallye, même une fois par an, ce serait déjà une fois de trop.

Alors, lorsque nous remettons en cause seulement 2km du circuit sur un total 40km, il nous semble faire preuve d’une tolérance excessive, compte-tenu du contexte actuel.

L’impact du rallye sur la biodiversité est en effet - ne serait-ce que symboliquement - inversement proportionnel aux deux kilomètres de circuit contestés, dans une zone Natura 2000 de plus en plus précieuse.

Une approche légaliste : une audience pour un recours au fond est attendue en 2026

Notre approche est purement légaliste : nous cherchons simplement à faire appliquer la loi.

  • Ce n’est pas nous qui avons décidé d’établir une zone Natura 2000 dans la vallée du Cousin.
  • Ce n’est pas nous qui avons décidé d’y établir des refuges LPO en 2016 et chauves-souris en 2020.
  • Ce n’est pas nous non plus qui avons introduit la loutre et encore moins décidé, en décembre 2024, d’établir un Havre de paix pour espèce protégée sur liste rouge.
  • Si nous saluons toutes ces décisions, qui vont dans le bon sens, nous demandons à la ville d’Avallon – ne serait-ce que par cohérence – de respecter ses engagements en faveur de la biodiversité pour ces 2km du circuit contestés sur un total de 40km.

Différentes lois, nationales, européennes, s’appliquent à ces dispositifs. Nous ferons donc tout notre possible pour les faire appliquer. Mais un engagement politique clair qui irait au devant de ces actions en justice serait encore plus apprécié... en envoyant un symbole fort en faveur de la biodiversité.

L’impact de ce rallye nous semble en effet - ne serait-ce que symboliquement - inversement proportionnel aux deux kilomètres de circuit contestés, dans une zone Natura 2000 de plus en plus précieuse, où la ville d’Avallon vient de signer un « Havre de de paix pour la loutre ».

Nos recours au fond seront jugés en 2025 ou 2026. A suivre.

Si ce jugement nous donne raison, ce serait une grande victoire pour tous les habitats naturels menacés par les rallye automobiles en France !

Pour nous contacter : alterallye@posteo.com

Par L’association Alterallye de l’Avallonnais

Publié le samedi 1er mars 2025

Mis à jour le dimanche 15 mars 2026

#biodiversite #justice #natura2000 #pollution #rallye #resister #securite